par John Anglais

John, one of our dedicated students learning French with Alliance Française de Bristol, has written the following story. Merci John!

Bouille est un chat, blanc et noir, et Dudule est un gecko gris, je crois, même s’il ne se repose pas très longtemps, donc difficile de dire de quelle couleur il est. Ils vivent tous les deux dans un village très calme et chaleureux de l’Hérault, dans le sud de la France – le village s’appelle Cazouls-les-Béziers.

Ils ne sont pas nés dans ce village, ils sont nés dans le village magique, Marthomis, qui se cache haut parmi les arbres qui s’enracinent dans les sols riches des montagnes de l’Hérault.

         Marthomis est considéré comme un village magique car son habitant le plus célèbre, Sourceye le sorcier, y est né au 15ème siècle.

         En principe, Sourceye a fait preuve de sa magie pour améliorer les récoltes, légumes et fruits, des jardins de Marthomis.

Il était très apprécié des producteurs locaux qui avaient besoin de lui lorsque des nuisibles décidaient d’envahir leur jardin ou, peut-être, en période de sécheresse, lorsque leurs produits étaient mis à mal. Sourceye avait également une passion pour tous les animaux, qu’ils soient domestiques ou sauvages.

         C’était pendant la période de Noël, selon la légende, alors que Sourceye faisait sa promenade quotidienne le long de la rivière Martho, lorsqu’il aperçut un mouton retourné dans son champ. Oui, la tête en bas, les pattes pointées vers le ciel – incapable de se tenir debout car, malgré ses quatre pattes, il n’avait pas de mains – incapable de se tenir debout – incapable de marcher – incapable de manger!

         Heureusement, Sourceye savait quoi faire : il poussa le mouton jusqu’à ce qu’il se remette sur pied. Après un regard de remerciement, le mouton reprit sa route et continua à manger. Cet événement fit réfléchir Sourceye – il lui semblait que si le mouton pouvait parler, ne serait-ce qu’avec d’autres animaux, il pourrait alors crier à l’aide, et que si les autres animaux pouvaient l’entendre et le comprendre, alors les autres animaux viendraient à son secours. C’est ce que les humains feraient, espérons-le, s’ils étaient en difficulté et avaient besoin d’aide.  L’injustice de cette analogie fit penser à Sourceye qu’un équilibre était nécessaire : les animaux étaient désavantagés, car ils ne pouvaient pas communiquer entre eux. À 211 ans, Sourceye n’avait plus qu’un seul sortilège magique, et il comptait bien l’utiliser pour prolonger sa vie jusqu’à 500 ans – un bon nombre, pensait-il. Cependant, après avoir soigné le mouton à l’envers, il termina sa promenade au bord de la rivière et, comme à son habitude, commanda un café à base de racine de pissenlit au café de Marthomis. Ce café, en plus d’avoir un goût tout à fait parfait, a aidé le sorcier à penser clairement et ainsi un nouveau plan pour son sort final a été élaboré.

         Sa vie à 211 ans s’était plutôt bien passée, mais Sourceye sentait que la vieillesse s’insinuait dans ses os et il calcula que ses promenades quotidiennes au bord de la rivière s’élevaient désormais à environ 196 x 365, soit environ 72 000, ce qui représentait à peu près la population de Montpellier et de Béziers – sûrement, pensa-t-il, c’est assez de promenades au bord de la rivière même pour un sorcier. Sourceye a donc décidé de laisser la nature suivre son cours jusqu’aux dernières années de sa vie et d’utiliser plutôt le dernier sort pour améliorer la vie des animaux – en rétablissant l’équilibre entre les animaux et les humains. Cependant, il savait que son dernier sort n’était pas un sort puissant – la force des sorts de sorcier est évaluée en termes d’icônes de baguette magique, et ce dernier sort ne valait que trois baguettes magiques.

         Après une consultation approfondie avec la Guilde des sorciers, Sourceye a été autorisé à utiliser ce sort :

– Ce sort ne s’appliquera qu’aux animaux nés à Marthomis,

– Ce sort permettra uniquement aux animaux de parler entre eux,

– Ce sort exclura les humains.

Ce compromis satisfaisait Sourceye, qui ne souhaitait pas que les animaux et les humains puissent communiquer entre eux. Il avait ses raisons, et surtout, il pensait que les humains ne comprendraient pas les subtilités des conversations animales.Pour lancer le sort, Sourceye fabriqua un petit radeau de bois et y déposa dix châtaignes qu’il avait trempées dans de l’huile d’olive. Il mit ensuite le feu aux noix et laissa le radeau flotter sur la rivière Martho, en amont de Mathomis. Le feu dura pendant toute la traversée du village, et le sort fut jeté. Soudain, tous les animaux, y compris Bouille et Dudule, nés à Marthomis, purent communiquer entre eux.

         Sourceye continua ses promenades le long de la rivière et ainsi qu’à boire du café de pissenlit, mais il ne revit plus jamais de moutons à l’envers. De nombreuses histoires relatent les événements survenus durant le reste de sa vie, mais personne ne parle de sa disparition. Il est donc possible qu’il soit encore vivant ; si c’est le cas, il aurait environ 575 ans.

 a cheeky black and white cat looking over the wall
Voici Bouille – elle est née à Marthomis mais maintenant elle est la reine de Cazouls les Béziers.  

Étant nés à Marthomis, Bouille et Dudule purent soudain se parler grâce au sort de Sourceye. Bouille en fut ravi, mais Dudule, qui préférait la tranquillité, ne fut pas immédiatement enthousiaste.

Au début, la conversation entre Bouille et Dudule était très étrange. Ils étaient surpris de pouvoir se parler, ce qui a donné lieu à une lutte de pouvoir, et aucun des deux ne voulait perdre le combat.

         Dudule réalisa qu’il avait deux armes puissantes, deux avantages sur Bouille : sa vitesse et sa longue langue.

Dudule – “Je veux juste faire la vaisselle et vivre une vie tranquille.”  

Bouille est plus grand que Dudule, elle supposa donc que, comme dans le monde animal, le plus gros animal serait généralement le chef. Elle s’avança donc vers Dudule d’un air menaçant et attendit que le gecko s’enfuie – elle remporterait ainsi le premier round.      Mais non, Dudule tint bon et, lorsque le chat s’approcha trop près, il tira sa longue langue, l’enroula autour de la tête de Bouille et lui couvrit les yeux – elle ne voyait plus rien, elle était donc pratiquement paralysée. Elle pensa peut-être lui arracher la langue avec son arme, ses griffes, mais cela signifierait que ses griffes la blesseraient probablement. Toutefois, Dudule avait sa langue enroulée autour de la tête de Bouille, ce qui signifiait qu’il ne pouvait pas respirer. 

Une impasse  à ce combat a été supposée et aucun autre combat physique n’a eu lieu entre les deux – les deux ont reconnu les défenses physiques de l’autre. Cependant, maintenant qu’ils pouvaient parler, s’entendre et se comprendre, la vie entre eux allait changer radicalement.

         Bouille devint très autoritaire envers Dudule – mais seulement verbalement, bien sûr. Dudule feignit d’ignorer ses remarques, mais il accepta secrètement qu’elle lui explique et lui rappelle ses devoirs, car, comme la plupart des geckos, sa mémoire était très courte. De nombreuses disputes s’ensuivirent, mais ils finirent par se mettre d’accord sur une liste de règles et de tâches. Par exemple, Bouille refusa à Dudule d’utiliser ses gamelles pour boire ou manger, et Dudule insista pour faire sa tâche préférée chaque jour : faire la vaisselle.

Ces ententes convenaient à Bouille et à Dudule, et avec le temps, les disputes s’atténuèrent, tous les deux respectèrent leurs différences d’apparence, de capacités et de désirs ; ils devinrent presque amis. Après leur petite dispute, ils convinrent que le respect était plus fort que la force.        

If like John you would like to discover, revise or perfect your French in small groups in Bristol and Bath, private lessons or lessons in your workplace, contact us!